Avant tout travail sur papier mouillé, maîtriser le cycle de l’eau est primordial. Humidifier le papier peut se faire au pinceau où en le plongeant directement dans une grande bassine d’eau.
Le cycle de l’eau est une succession d’étape, au nombre de sept basé sur l’hygrométrie du papier. C’est-à-dire que sur l’ensemble du temps de travail, le papier sèche et donc perd de l’humidité. La maîtrise de ce principe et la clef du travail dans l’humide. Il n’est pas utile de tenter de lutter contre cela, c’est impossible ! Le tout est de le comprendre, pour s’adapter.
Chaque étape du cycle de l’eau correspond à une action précise. Il n’est pas question de mettre la sauce sur les pâtes avant qu’elles soient cuites, il en est de même pour l’aquarelle : les fonds ne se réalisent pas après les détails. La première étape correspond au papier avec le plus d’eau en surface la dernière celle où le papier est sec.
1) – La surface lentille
Cet état d’humidité du papier correspond au moment où l’eau flotte en surface et n’est pas uniformément répartie. Ce moment correspond à celui où le papier sort de son « bain » et / ou qu’il est détrempé. A ce stade, le papier n’est pas apte à recevoir la peinture, cette dernière n’atteindra pas la surface du papier et fera des tâches. Il est nécessaire de répartir cette eau de manière uniforme pour pouvoir travailler.
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2) – La surface miroir
L’eau a été répartie sur la surface du papier et pénètre ce dernier. Le taux d’humidité devient propice à l’exécution des fonds de couleur de l’aquarelle dans le sens où la fusion des couleurs sera plus contrôlée et moins aléatoires.
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Comment répartir l’eau à la surface du papier ?
Je recommande l’usage d’un pinceau chinois de type « haké » en poils de chèvre. Personnellement j’utilise la gamme des pinceaux « Ron Ronson HAKE by PRO ARTE » mais d’autres types de pinceaux existent pour le même usage.
3) – La surface brillante
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L’eau imprègne le papier, désormais le grain apparaît. C’est à ce moment que l’essentiel du travail dans l’humide se réalise. Il ne faut pas perdre de temps, cette étape passe très vite. De plus, selon la température de la pièce où vous travaillez, le papier séchera plus ou moins vite.
4) - La surface mi-mate
L’eau contenue dans le papier s’évapore. Le papier brille encore légèrement mais l’essentiel de l’humidité est contenu dans les profondeurs du papier. C’est un moment où il faut commencer à faire attention : ne plus apporter plus d’eau qu’il n’y en n’a déjà sur le papier. Il est conseillé (sauf excellente maîtrise) d’éviter l’usage d’un pinceau type pinceau à lavis.
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5)- La surface mate fraîche
Quand on travaille dans l’humide, cette étape est la plus délicate. C’est un moment où l’eau et les pigments se stabilisent. En revanche avec des pinceaux fins (traceurs ou filets) et de l’eau claire, il est possible de tracer des chemins d’eau et de sculpter la matière (voir le de travail de Dominique Coppe ou Corine Izquierdo) Cependant, si on ne fait pas attention, des auréoles peuvent apparaître.
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6) – La surface mate – sèche
C’est un moment où le papier est sec : on peut poser la main dessus mais on sent encore l’humidité du cœur. Pur sentir le taux d’humidité, coller sa joue sur ce dernier (utilisé en technique ancienne pour l’imperméabilisation maigre des enduits, elle est inégalable.
Il est possible, avec une peintre épaisse donc peu dilué de travailler de petits détails. Cependant pour faire des finitions poussées, je conseil plutôt d’attendre le séchage complet du travail réalisé. Il serait dommage de tout gâcher à se stade.
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7) – La surface sèche
Inutile de développer d’avantage, ni même de l’illustrer. L’ensemble de l’humidité du papier est parti et les couleurs se sont figées. Le papier est de retour à son état initial avant humidification.