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Les types de pigments employés en aquarelle

I - Les différentes natures des pigments employés en aquarelle

1) Les pigments minéraux

Les pigments minéraux sont inorganiques. Ce sont des oxydes, des hydroxydes et des sels de métaux. Concrètement, il s’agit de terres, d’ocres, de lapis-lazuli, d’oxyde de fer, par exemple. Ils proviennent de composés qui ne font pas partie du monde vivant et peuvent être obtenus par simple calcination. Toutefois, certaines couleurs sont aujourd’hui le fruit de la chimie, obtenues par réaction chimique ou thermique entre différentes matières. Leur stabilité chimique est élevée, et ils résistent mieux aux acides.

 

2) Les pigments organiques

Il est nécessaire de commencer par déconstruire un mythe assez répandu : les pigments organiques ne sont pas forcément naturels. C’est faux. Un pigment est dit organique dès lors qu’il contient au moins un atome de carbone. Cela inclut notamment les pigments à base de carbone, d'oxygène, d’hydrogène, etc. Il s’agit de la famille des phtalocyanines, des benamidazolones, des quinacridones, des pérylènes et des pigments azoïques. Ces pigments ont été découverts au XIXe siècle et ne contiennent pas de métal. Les couleurs issues de ces pigments sont souvent tenaces et ont un fort pouvoir d’incrustation sur le papier.

On peut citer le bleu phtalo (PB 15), qui est un composé aromatique macrocyclique. Il s’agit en effet d’un pigment dont la composition chimique est (C8H4N2)4H2. On reconnaît dans la composition de la couleur trois atomes : le carbone, l’hydrogène et l’azote, ce qui nous indique que le pigment est organique.

Exemple du bleu phtalo :

3) Les pigments synthétiques

Certaines couleurs sont fabriquées par la chimie. C'est l'effet de la révolution industrielle sur le monde des beaux-arts. C'est le cas des couleurs comme le bleu de Prusse, découvert par deux chimistes, J.K. Dippel et Diesbach, à Berlin. Il résulte de l'alchimie entre du sulfate de fer (II) (FeSO4) et du carbonate de potassium (K2CO3) comportant du cyanure. C'est également le cas des couleurs contenant du cobalt, bleu et vert, découvertes en 1803.  C'est aussi le cas des couleurs à base de cadmium, telles que les rouges, jaunes et oranges de cadmium, découvertes en 1910.

D'autres couleurs sont devenues synthétiques avec le temps. Le bleu outremer, à base de lapis-lazuli, une pierre semi-précieuse afghane et trop chère, a été remplacé par un équivalent synthétique à base d'aluminosilicate, tout comme le jaune indien. D'autres exemples de couleurs existent.

Le bleu de Prusse :

 

 

4) Les pigments d'origine animale

Certaines couleurs sont d’origine animale, à l’image du rouge carmin, longtemps obtenu en broyant de la cochenille, ou de l'encre de seiche pour obtenir du sépia. Il en va de même pour le fiel de bœuf, provenant de la bile bovine, extraite lorsque l’animal est abattu. Au XIXe siècle, la palette de Blanche Odin comportait une couleur intitulée « pierre de fiel », extraite du fiel de plusieurs animaux. Il s’agissait d’un jaune doré qui se rapprochait, d’une certaine manière, du « green gold » contemporain (PY 129), mais avec un côté verdâtre en moins, et beaucoup plus proche de la terre de sienne naturelle. La couleur jaune indien a longtemps été issue de l'urine de la vache.

Pourquoi apprendre tout cela, si ce n’est que pour briller en société ?

Ma réponse est simple. Plus vous connaîtrez la composition de vos couleurs, mieux vous pourrez les apprivoiser. Un pigment organique sera plus teintant qu'un pigment minéral, un pigment au cadmium sera plus opaque, un pigment au cobalt plus granulant. Cela permet d'éviter les mauvaises surprises, comme un ocre jaune granulant pour peindre la peau humaine ! 

II - Pour se repérer :

Il faut regarder les nom du pigment pour éviter de vous retrouver avec un doublon. Prenons un exemple concret : le rose permanent de Winsor & Nweton noté pv 19 s'appel rose de quinacridone chez Daniel Smith  alors que les pigment est le même : le Pv19 !

Donc on fait simple : on regarde les initiales...

PBk = pigment Black / PV = pigment Violet / PR = pigment red / PB = pigment blue / PY = pigment yellow / PG = pigment green / PO = pigment orange

Puis les sous catégories sont notés à l'aide de numéros, le bleu outremer PB29 se différencie du bleu cobalt noté PB28, qui se différencie lui même du bleu phtalo PB15.

Toutes ces couleurs sont répertoriées dans le colour index : file:///C:/Users/Louis/Downloads/Colour_Index%20(2).pdf  (voir le tableau à partir de la page 12) mais le texte permet de comprendre ce dont il s'agit. 

III - Les petites variantes :

Certaines couleurs portent le même nom mais n'ont pas la même teinte, c'est le cas de la terre de sienne brûlée. Ainsi, une terre de sienne brûlée de Daniel Smith est plus rosée qu'une terre de sienne brûlée de Schminke qui est plus dorée. C'est aussi le cas du brun Van Dick, plus violet chez Sennelier que chez Winsor & Nweton où la couleur est plus dorée.

 

Annexe :

Pour aller plus loin :

 file:///C:/Users/Louis/Downloads/61-aquarelles-extra-fines-godet-winsor-newton.pdf (point 4)

Une visio - conférence avec un chimiste de Daler Rowney, traduite en français : https://www.youtube.com/watch?v=DBvxJipylSg&t=625s

 

 

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